mardi, 20 octobre 2009

Au nom du Père, du Fils et du Grand Paris

On parle beaucoup de Jean Sarkozy et de sa future présidence de l’EPAD (Etablissement Public d’Aménagement de La Défense). Je ne reviendrai pas sur tout ce qui a déjà été dit : népotisme, pseudo-élection par un Conseil d’administration à 78 % contrôlé par Sarko le Père, études limitées de Sarko le Fils…

Certes, les Français sont agacés mais il n’y a là rien de très étonnant. Ministre de l’Intérieur, il avait déjà exigé que l’on procédât à des tests ADN pour retrouver le voleur du scooter de Jeannot. Il avait également annoncé – après quelques mois d’absence du gouvernement – qu’il retournait à l’Intérieur avec pour mission principale de démasquer les méchants corbeaux de Clearstream. On se doutait donc bien que Sarko le Père ne s’encombrerait pas de cas de conscience sur l’utilisation du pouvoir au profit des siens.

En revanche, il y a quelque chose qui me frappe dans cette histoire : c’est la concordance des temps (que Sarko le Père manie très bien dès lors qu’il ne s’agit pas de grammaire). En effet, la candidature de Sarko le Fils à la tête de l’EPAD a été annoncée le 8 octobre. La veille, le 7 octobre, le gouvernement avait adopté en Conseil des ministres le projet de Grand Paris, présenté par Christian Blanc. Et force est de constater que les deux événements ont la même finalité : les Sarkozy Père et Fils tiendront bientôt, entre leurs mains, de très importantes prérogatives en matière de construction.

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Ainsi, Sarko le Père contrôlera la Société du Grand Paris, décideur et maître d’ouvrage des aménagements de transports de l’Ile-de-France. Peu importe que le Conseil régional, à travers son schéma directeur, ait d’autres projets, la SGP pourra passer outre. Les terrains constructibles, la SGP pourra les préempter. Qui paiera ? Les collectivités locales. Décentralisation Acte II (décès).

Sarko le Fils, lui, aura la haute main sur les projets d’aménagement de La Défense, premier quartier d’affaires d’Europe, où se concentrent les sièges sociaux des plus grands groupes français et, par là même, arrosant financièrement le département dont Papa fut le patron et dont chacun sait qu’il appartiendra à Fifils en 2011.

Si Sarko le Père avait, parmi ses proches, un grand industriel du BTP (Martin Bouygues par exemple), on serait en droit de s’interroger sur les éventuelles conséquences financières de toute cette opération. Et si ledit industriel était propriétaire d’un grand groupe télévisuel (TF1 par exemple), on ne se poserait plus guère de question sur les futures retombées médiatiques de l’ensemble. On dirait juste : « Très fort, le mec. » Mais on n’en serait pas moins écœuré.

 

PS : Rien à voir. Mais mon amie Christine vient de suspendre son blog RS21. Outre la peine que cela me procure, je tiens à lui rappeler qu’elle pourra toujours, quand elle le voudra, venir travailler dans ces colonnes.

mercredi, 01 juillet 2009

Tel est mon bon plaisir...

Le site internet de TF1 signale – vidéo à l’appui – que Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence sur La Défense à l'heure du grand Paris, a déclaré :

"Est-ce qu'il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ?"

 

Je ne m’attarderai pas sur les problèmes de concordance des temps, même s’il est très agaçant de constater, à chaque intervention du Chef de l’Etat, que celui-ci est incapable d’avoir une grammaire correcte.

Ce qui me semble davantage inquiétant, c’est qu’il reconnait, tout simplement, comme une évidence, qu’il a passé un coup de téléphone pour violer la loi. En effet, l’ouverture de magasins le dimanche est soumise à une autorisation préfectorale, laquelle nécessite l’avis de la commune concernée, de la Chambre de commerce et d’industrie, ainsi que des partenaires sociaux. Par ailleurs, l’autorisation préfectorale ne doit pas entraver la libre-concurrence. Ainsi, une enseigne voisine de la boutique dans laquelle Madame et Mesdemoiselles Obama se sont rendues pourrait s’estimer lésée. Enfin, une ouverture dominicale est conditionnée au volontariat des employés du magasin concerné. Je serais très surpris d’apprendre qu’après le coup de téléphone du Chef de l’Etat français, le patron de la boutique ait pris le temps de demander leur avis à ses salariés.

Mais avec Sarkozy, le Code du Travail n'en est plus à une violation près...

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mardi, 23 juin 2009

Tout ça pour ça…

Eh bah… Ca valait le coup ! La réforme de la Constitution voulue expressément par le Chef de l’Etat français pour lui permettre de s’exprimer devant le Parlement réuni en Congrès était supposée créer un « dialogue » absolument indispensable à la démocratie. On allait voir ce qu’on allait voir.  Et on a vu. Qu’a-t-on vu ? Euh… Bah… Hmmpff…

Pendant 45 minutes, Nicolas Sarkozy a débité toute une série de « bonnes intentions » sans rien annoncer de concret, si ce n’est la souscription d’un emprunt national. Un endettement supplémentaire pour combler la dette. Bien vu. Où va-t-il chercher tout ça ? Dans les inepties idées avancées par Bernard Accoyer (cf. mon billet ...ça ose tout, du 13 octobre 2008).

Que peut-on retirer d’autre de ce discours ? Le gouvernement va être remanié demain, mais ça, on le savait. La France va investir dans 125.733 priorités. Bon ! Il faut dire qu’avec tout l’argent que va rapporter l’emprunt, il y aura de quoi faire. La réforme des retraites sera engagée en 2010. Ah, bon ? Je croyais que François Fillon avait tout réglé en 2003. M’enfin bon, il faut bien faire passer la « retraite à 67 ans »… Quoi d’autre ? Ah, si… Il ne faut pas que les Français s’attendent à tirer le moindre bénéfice de la sortie de crise. Sarkozy l’a dit, il n’y aura pas de partage des fruits de la croissance. Tout ira au remboursement de la dette. On ne s’attendait pas à autre chose de sa part, mais au moins c’est dit !

Non, non… J’ai beau chercher, ce long monologue de trois quarts d’heure ne nous a pas appris grand-chose. Même Denis Jeambar, pourtant peu soupçonnable de collusion avec l’ultra-gauche, estimait que ce discours n’avait pas mobilisé les troupes, même celles de droite. Même Jean-Louis Borloo estimait qu’il s’agissait d’un « discours de diagnostic ». C'est-à-dire, « pas un discours de prospective ».

Même le Chef de l’Etat français semblait mal à l’aise. Il suait à grosses gouttes, s’essuyait le front toutes les trente secondes d’un très élégant revers de l’index. Il avait les yeux rivés sur son discours, comme ma scrabbleuse de grand-mère quand elle cherche une définition dans le dictionnaire.

Quand je pense que certains osent dire que Sarkozy, c’est beaucoup de bruit pour rien…

PS : Je me suis quand même bien amusé, après le départ de Sarko, à écouter les interventions des parlementaires à la tribune. Sur six intervenants, trois sont candidats déclarés à un portefeuille ministériel (François Sauvadet, Michel Mercier, Henri de Raincourt). Il fallait les voir cirer les talonnettes du Président. C’était risible. Notamment quand François Sauvadet a voulu fustiger l’indignité du Parti socialiste pour sa décision de quitter l’hémicycle. Un mouvement de caméra idoine a montré que les travées étaient désertes, tout autant à droite qu’à gauche. J’en ai même fait une copie d’écran pour vous.

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mardi, 17 février 2009

OTAN pour moi...

Nicolas SARKOZY aurait-il un ego démesuré ? J’ai peine à y croire. Pourtant, un article du magazine allemand Der Spiegel, repris par les sites internet du Nouvel observateur et du Figaro (entre autres), rapporte que ô-notre-Président-de-la-République-bien-aimé-nous-voilà, aurait eu une petite exigence de starlette au sujet de la place qu’il occupera lors de SON sommet de l’OTAN, celui qui se tiendra à Strasbourg (sous l’égide de la France et de l’Allemagne) et qui doit acter, à la fois, le retour de la France dans le commandement intégré et la rupture définitive de la droite française avec le gaullisme.
Nicolas SARKOZY aurait en effet exigé que l’on l’installât à côté du Secrétaire général de l’OTAN. Or, le protocole prévoit que « les Ambassadeurs siègent autour de la table du Conseil suivant le nom de leur pays, dans l'ordre alphabétique anglais. » Il est bien évidemment hors de question que le Chef de l’Etat français soit coincé entre l’Estonie (trop petit) et l’Allemagne (trop grand). D’autant que toute la presse n’aura d’yeux que pour Barack OBAMA, qui participera alors à son premier sommet international.

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Selon le journal anglais The Telegraph, « après d’éperdus pourparlers en coulisses au cours de ces dernières semaines, un compromis a été atteint pour apaiser la vanité du Président français ». Le Secrétaire général de l’OTAN, Jaap de HOOP SCHEFFER, ouvrira la séance entouré de Nicolas SARKOZY et d’Angela MERKEL. Et c’est SARKOZY qui sera placé à droite, non mais…
Toutefois, dès que les journalistes auront quitté la salle de réunion, chacun reprendra sa place protocolaire, et Nicolas devra se contenter de la compagnie de Toomas Hendrik ILVES (Président estonien). Peu importe, ce stratagème sera une talonnette de plus, un artifice pour grandir a minima celui qui n’est pas à la hauteur.
Décidément, le gaullisme sera bel et bien enterré, ce 3 avril, à Strasbourg.

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jeudi, 12 février 2009

Après les médias, les médiateurs...

Décidément, Nicolas SARKOZY gouverne d’une manière bien étrange. Depuis quelques temps, alors que la colère gronde dans de nombreuses catégories de la population pour dénoncer des réformes mises en place autoritairement, sans aucune négociation avec les partenaires sociaux, on voit apparaitre une nouvelle catégorie de personnages : les médiateurs.

Sans titre.JPGTrois ministres voient donc leurs prérogatives encadrées par des « personnalités qualifiées », afin de résoudre des problèmes que le gouvernement est incapable de régler, terrible et implacable aveu d’incompétence et d’inaptitude :

- Xavier DARCOS, qui défend bec et ongles sa réforme du lycée (imposée par SARKOZY, lequel lâche aujourd’hui son ministre avec ce courage qui le caractérise si bien et qu’il clame haut et fort), est désormais cornaqué par Richard DESCOINGS, Directeur de Sciences Po Paris ;

- Valérie PECRESSE, dont la réforme universitaire est loin de faire l’unanimité, a demandé le secours de Claire BAZY-MALAURIE, Présidente de Chambre à la Cour des Comptes ;

- Enfin, dernier en date, Yves JEGO a dû se faire accompagner en Guadeloupe par deux médiateurs, à savoir Jean BESSIERE, Directeur général adjoint du Travail, et Serge LOPEZ, Directeur du Travail d’Aquitaine.

Voilà donc la méthode SARKO, la rupture promise. On ne négocie pas, on impose, on contraint, et si la populace ne se laisse pas faire, on recule. Mais il ne faut surtout pas perdre la face, alors on joue les conciliants, on s’adjoint un médiateur chargé de prendre sur lui la responsabilité de la marche arrière. Comme cela, devant les troupes et les élus de l’UMP, on peut toujours parader en prétendant tenir bon. Si le lest est jeté, ce n’est pas par le gouvernement : c’est le résultat de la médiation.

C’est une bien belle leçon de courage politique que nous donne le gouvernement…

jeudi, 13 novembre 2008

"Sortir de l'hypocrisie..."

Patrick DEVEDJIAN a décidément bien du mal à s’imposer à la tête de l’UMP. Le voilà qui, sans doute lassé de prendre des coups de toute part, appelle à la rescousse le « patron », Nicolas SARKOZY. En effet, celui qui remplit les fonctions de Secrétaire général du parti présidentiel souhaite que le chef de l’Etat redevienne « Président de l’UMP ». Il justifie cette proposition par le fait que « dans toutes les démocraties du monde, le chef de l’exécutif, c’est celui du parti vainqueur. »

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Il est vrai que Gordon BROWN (Royaume-Uni), Angela MERKEL (Allemagne), Luis Rodriguez ZAPATERO (Espagne) ou encore Silvio BERLUSCONI (Italie), demeurent chefs de leurs partis tout en dirigeant le gouvernement. En revanche, aux Etats-Unis, Barack OBAMA n’est pas chef du Parti Démocrate, dirigé par Howard DEAN. Alors d’où vient cette différence ? D’un petit détail que semble avoir oublié Patrick DEVEDJIAN : dans toutes les autres démocraties, hormis les Etats-Unis, le chef de l’exécutif n’est pas le chef de l’Etat. Et c’est précisément cette fonction de Chef d’Etat qui oblige à un certain désengagement des clivages partisans. Le Chef de l’Etat représente l’ensemble de la Nation. Il se doit d’être rassembleur et garant de l’unité nationale.
Ceci étant, comme je l’ai déjà signalé dans un précédent billet ("Au dessus de rien...", 7 juillet 2008), Nicolas SARKOZY semble faire peu de cas de cette obligation morale. Selon l’Express, Jérôme CHARTIER, député du Val d’Oise, constate que « le Président de la République reste très présent dans la vie du Parti. » Tous les lundis matin, il réunit à l’Elysée les responsables de l’UMP. L’un des participants à ces réunions, cité par Le Figaro, indique que « les ordres sont précis. C’est lui et presque lui seul qui parle. »
La vérité est peut-être dans l’autre argument de Patrick DEVEDJIAN, qui appelle à « sortir de l’hypocrisie ». Un cadre de l’UMP, toujours dans Le Figaro, estime que le Secrétaire général « théorise jusqu’à l’absurde une situation de fait. » Peut-être essaie-t-il tout simplement de dire à Nicolas SARKOZY : « Soit tu reviens, soit tu me lâches la grappe ! »

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mardi, 02 septembre 2008

Viré...

Dominique Rossi, coordonnateur des services de police et de gendarmerie en Corse, a été relevé de ses fonctions lundi 1er septembre. Que s’est-il donc passé pour que le gouvernement procède ainsi au remplacement d’un haut fonctionnaire, chargé d’une mission aussi sensible ? Y a-t-il eu une vague d’attentats sanglants ? Une paillotte incendiée ? Non. Rien qu’une petite manifestation gentillette.

Pour dénoncer l’octroi de permis de construire à des « non-corses », les indépendantistes ont investi pacifiquement une propriété appartenant à un continental. Le propriétaire étant absent, les manifestants se sont vu offrir des rafraichissements par le personnel de la maison, puis s’en sont retournés, sans faire le moindre dégât.

Hélas pour Dominique Rossi, cette propriété n’était autre que celle de l’acteur Christian Clavier, ami du Président de la République. Or, le flic avait été averti, par les renseignements généraux, de l’intention des nationalistes corses de manifester dans le coin (sans qu’il soit fait expressément mention de la villa cible). Il avait alors pris la décision de ne rien faire, l’intervention des forces de l’ordre ayant toutes les chances de faire dégénérer le rassemblement. Mieux valait, dans son esprit, une intrusion pacifique chez un particulier plutôt qu’une manifestation virant à l’affrontement. Mais le gouvernement ne l’a pas entendu de cette oreille là.

Interrogé par Europe1, le premier ministre, François Fillon, a déclaré que le gouvernement « décide des fonctions des hauts-fonctionnaires et ne rend pas compte sur ces questions ». En un mot, si la ministre de l’intérieur décide de muter qui elle veut parce que tel est son bon plaisir, il n’y a rien à redire…

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lundi, 25 août 2008

C'te bonne blague...

Décidemment, le Chef de l’Etat français est un joyeux drille. On se souvient de sa désinvolture au plateau des Glières, où il rendait hommage aux résistants, en mars dernier. Nicolas Sarkozy avait alors, comme en témoignait Le Canard enchainé, parlé longuement de Carla Bruni et fait part de son admiration pour le paysage alors que les anciens combattants lui narraient les combats et l’enterrement des victimes. Plus récemment, lors d’une cérémonie aux Invalides pour le 30e anniversaire de la bataille de Kolwezi, le Président de la République, chef des armées, avait fait abréger la cérémonie qu’il jugeait trop longue, snobé les familles des soldats et expédié les remises de décorations en évitant d’adresser la moindre parole amicale aux récipiendaires.

De nouveau, Nicolas Sarkozy se distingue. Censé rendre hommage aux dix soldats français morts en Afghanistan sous des tirs dont on ignore encore s’ils étaient amis ou ennemis, le voilà qui lance une blague, en plein discours officiel. Expliquant que, si les choses étaient à refaire, il referait la même chose (l’envoi de troupes françaises), il ajoute : « Pas la patrouille… ». Et le Président de pouffer.

Aller dire, devant les familles et les compagnons d’armes des victimes, que la patrouille agressée ferait autrement si les choses étaient à refaire, c’est effectivement du meilleur goût.

mardi, 22 juillet 2008

A deux voix près...

La réforme constitutionnelle a donc été votée à deux voix près. On entend beaucoup parler de celle de Jack Lang, le Philippe d’Orléans du PS. On peut également citer celle de Bernard Accoyer, qui a pris part au vote contre la tradition républicaine qui veut que le président de séance ne participe pas au scrutin.

Je ne m’interrogerai pas sur ce qu’il faut faire de Jack Lang. Personnellement, mon opinion sur le bonhomme ne date pas d’hier. Il était assez logique qu’il votât une réforme dont il était l’un des auteurs.

300px-Constitution_sceau.jpgEn revanche, ce qui me gêne un peu, je l’avoue, c’est cette logique – assez nouvelle – qui consiste à transformer un vote aussi important qu’une réforme constitutionnelle en un vulgaire affrontement droite/gauche. Je suis mal à l’aise lorsque j’entends des parlementaires de droite – comme Hervé Mariton – dire qu’ils ont voté cette réforme qui leur déplait pour éviter au Président de la République d’être désavoué. Je le suis tout autant face à des parlementaires de gauche – comme Christophe Caresche – qui avouent avoir respecté la discipline de vote de leur parti à contre cœur.

La Constitution n’est pas une loi. Ce n’est pas l’instrument de mise en œuvre d’une politique. C’est pour cette raison que j’ai voté non au référendum de 2005 sur la Constitution européenne, dont la partie III institutionnalisait un corpus idéologique.  La Constitution, c’est un socle commun, sur lequel tout le monde doit se retrouver. C’est pourquoi il est regrettable que cette réforme ait été organisée  sans la recherche d’un consensus.

Certes, les plus fervents partisans de Nicolas Sarkozy diront que le Président de la République a « fait des concessions » à la gauche. Mais une Constitution ne se réforme pas en marchandant : « Tu acceptes que je parle devant le Parlement et, en échange, je te laisse fixer l’ordre du jour. »

Cette réforme a été conçue par une commission composée d’hommes politiques et de juristes et présidée par Edouard Balladur. Jack Lang en était le Vice-président. Et c’est bien là que, selon moi, se situe la faute la plus lourde de l’ancien ministre socialiste. Sa nomination au sein de cette commission, il ne la doit qu’au choix du Président de la République. Or, si Nicolas Sarkozy avait souhaité que la réforme soit consensuelle, il eut dû inviter tous les partis représentés au Parlement à participer à cette commission (seuls l’UMP, le MoDem et le PS y étaient) et les laisser choisir eux-mêmes leurs commissaires. Jack Lang a accepté et cautionné ce simulacre de concertation. Dont acte. Le reste n’est que logique.

lundi, 07 juillet 2008

Au dessus de rien...

Dans son discours du 6 mai 2007, au soir de sa victoire à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy déclarait :
 
« Je serai le Président de tous les Français (…), je parlerai pour chacun d’eux ».
 
Eh bien, non ! Nicolas Sarkozy n’est pas et ne sera jamais « mon Président ». Il ne me donne, d’ailleurs, pas l’occasion de changer d’avis. Car, rompant une fois de plus avec la tradition républicaine, le Président de la République ne se place pas « au-dessus des clivages partisans ».
 
sarko-france.jpgJusqu’ici, dans un pays démocratique comme la France, le chef de l’Etat se situait « hors des partis », s’astreignait à une certaine retenue. S’il était relativement accepté que le Président prenne part à la campagne des élections législatives, dont l’issue devait ou non lui apporter une majorité pour gouverner, jamais encore un chef d’Etat en exercice n’avait participé aux travaux d’un parti politique. Au soir de son second septennat et de sa vie, François Mitterrand s’était rendu à Liévin où le PS tenait son congrès. Cependant, il s’était refusé à intervenir dans le cadre de ce rassemblement. Les socialistes étaient allés le rencontrer, sur le carreau d’une mine. Nicolas Sarkozy, lui, participe tous les six mois au Conseil national de l’UMP, y prenant la parole comme s’il en était toujours le Président.
 
« J’appelle tous les Français, par delà leurs partis, leurs croyances, leurs origines, à s’unir à moi » avait-il dit dans son allocution du 6 mai 2007. Comment envisager un seul instant de rejoindre ce monsieur alors que lui-même n’arrive pas à prendre la moindre hauteur ? Non, Nicolas Sarkozy ne peut décidément pas être « mon » Président.
 

vendredi, 04 juillet 2008

Libre !

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Elle est libre ! C’est ce qui compte !
 
Certes, comme le dit Ségolène Royal, Sarkozy n’y est pour rien. Certes, c’est Alvaro Uribe, le président si contest(é)(able) de la Colombie qui a réussi à la faire sortir de sa détention. Certes, la Radio Suisse Romande évoque le versement d’une rançon. Certes, George Bush a été averti de l’opération et Sarkozy, non. Certes, le mécréant que je suis s’agace des remerciements d’Ingrid à Dieu et à la Vierge. Certes, Nicolas Sarkozy lance des promesses aux FARC qu’il ne tiendra pas (1).
 
Faut-il, pour autant, comme l’a fait Ségolène Royal, polémiquer sur cette libération tant attendue ? Si l’engagement de Nicolas Sarkozy a aidé Mélanie et Lorenzo Delloye à tenir le coup, tant mieux. Elle est libre ! Et c’est tout ce qui compte !
 
(1) Nicolas Sarkozy a promis aux FARC qui renonceraient à la lutte armée un asile en France. On se souvient que François Mitterrand avait fait la même promesse aux terroristes des Brigades Rouges. Or Nicolas Sarkozy et François Fillon ont décidé, il y a moins d’un mois, d’autoriser l’extradition de Marina Petrella vers l’Italie. Pourquoi en serait-il autrement pour les FARC ?

mardi, 04 mars 2008

Ne nous y trompons pas...

Les 9 et 16 mars prochains, c'est-à-dire dans 5 et 12 jours, nous allons voter pour les élections municipales et cantonales. Après avoir, dans un premier temps, décidé de s’investir pleinement dans la campagne électorale, Nicolas Sarkozy a finalement décidé de n’en rien faire. On lui a effectivement fait comprendre que son implication pouvait avoir des effets désastreux sur les résultats. Moins d’un an après son élection, Nicolas Sarkozy est déjà devenu un épouvantail à électeurs. Le Président « qui en a », comme il aime à se définir lui-même, a donc renoncé à s’impliquer, non pas pour sauver quelques municipalités, mais histoire de ne pas se prendre en pleine face le camouflet que de plus en plus d’électeurs rêvent de lui adresser.
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Nombreux sont les candidats de droite qui n’affichent même plus leur appartenance à l’UMP et qui s’efforcent à faire comprendre aux électeurs que les élections municipales et cantonales doivent répondre à des enjeux exclusivement locaux. Pas question – disent-ils – de prendre en considération la moindre problématique nationale. Il ne s’agit pas, selon eux, d’apporter un soutien ou un avertissement à la politique présidentielle. Permettez-moi, pourtant, d’être en total désaccord avec cette argumentation.
En effet, les deux prochains dimanches, nous n’allons seulement élire des conseillers municipaux et généraux. La Constitution de la Ve République, que le Président de la République se refuse à modifier autrement que pour faire admettre le principe de la non-rétroactivité des lois (1), prévoit en effet que ces élus locaux sont également des grands électeurs. Ce sont principalement les maires et les conseillers généraux qui ont entre leurs mains la majorité politique du Sénat, l’une des deux chambres parlementaires chargées d’enreg… de voter les lois proposées par le gouvernement.

(1) On y reviendra prochainement. 

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dimanche, 27 janvier 2008

ATTENTION, DANGER !!!

On croyait que Sarkozy, à la différence de ses prédécesseurs, n’était pas très doué en Histoire de France. Finalement, ce n’est pas vraiment le cas. L’Histoire, Sarko la méprise. Plus exactement, il méprise cette période qui a commencé avec 1789. Sarkozy ne veut pas être Président de la République, il veut être Roi de France. Certes, il est de tradition de considérer que l’occupant de l’Elysée se comporte, une fois élu, en « monarque républicain ». Que n’a-t-on pas dit de Giscard et de Mitterrand ? Cependant, Sarkozy ne se contente pas de régner sur quelques courtisans élyséens. Il essaie de rétablir, en France, tous les codes de l’Ancien Régime :

  1. Le Président habite à Versailles, même si la Lanterne a remplacé le Château.
  2. Le Président s’exhibe, vivant dans le faste et le luxe, même si Bolloré a remplacé Condé, et les dîners au Fouquet’s les fêtes somptuaires. (1)
  3. Le Président n’a pas de favorite, mais il change de femme selon son bon plaisir.
  4. Le Président augmente son salaire alors que caisses sont vides.

Mais surtout, il y a plus grave. Sarkozy a déclaré, devant les plus hautes autorités vaticanes, que « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé. (2)» Lorsque l’on sait la place que l’Eglise catholique a eue dans l’Ancien Régime et celle que les instituteurs ont prise dans la construction de la République, on voit bien de quel côté penche le cœur du Président. Les électeurs lui ont confié la gouvernance de la France. Il est le gardien des institutions, pas le patron. Si Nicolas Sarkozy semble l’avoir oublié, veillons, nous, à le lui rappeler. La France n'est plus la fille ainée de l'Eglise et n'a aucune intention de le redevenir.

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Lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, Sarko voulait « toiletter » la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Cela avait provoqué un tollé, d’autant que le ministre avait reçu, en 2004, son ami Tom Cruise, fanatique porte-parole de la Scientologie. Car au-delà de la peur que provoque ce genre de projets dans la tête d’un laïc comme moi, la question de la reconnaissance de certaines sectes comme mouvements religieux pose particulièrement problème. Pour Nicolas Sarkozy, qui écrivait que « pour fondamentale qu’elle soit, la question sociale n’est pas aussi consubstantielle à l’existence humaine que la question spirituelle (3) », la religion, ferment de l’espérance, est la base même de l’existence. Pour lui, un athée est quelqu’un qui n’a pas d’espoir, pas de salut possible. De là à dire qu’il n’a pas de vie, donc pas à vivre…

Même Jacques et Bernadette Chirac, dont on connait la ferveur religieuse, n’ont jamais confondu leur foi avec la vérité révélée. Rappelons tout de même à Sarkozy, qui est passé deux fois devant le juge aux affaires familiales, que les divorcés ne sont pas les bienvenus dans la religion catholique. Par ailleurs, à l’heure où l’on parle de l’entrée d’Alain Bauer, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, dans le gouvernement, signalons simplement au Président que ce monsieur, de par son appartenance à la franc-maçonnerie, est « excommunié ». Dans l’Ancien Régime, ce dernier n’aurait pu avoir aucun contact avec un catholique.   

Mais peut-etre que la religion catholique n'est pas ce qui a la faveur de Nicolas Sarkozy. Peut-etre flatte-t-il le plus grand nombre, pour favoriser quelques lobbyistes sectaires dont il se sentirait plus proche ?  

 

(1) Quand on connait un peu l’Histoire de France, il est amusant de constater que le choix de Sarkozy s’est porté sur un restaurant portant le nom de Fouquet. Prénommé Nicolas, Fouquet a d’abord été porté à épouser la carrière ecclésiastique avant de devenir avocat. Sa devise était Quo non ascendent ? (Jusqu’où ne montera-t-il pas ?). Chargé de la police à Grenoble, il devient ensuite surintendant des Finances. Il a été disgracié pour n’avoir pas su gérer les finances et pour avoir bafoué le souverain en donnant des fêtes extravagantes. Rappelons que pour la République française, le souverain n’est autre que le peuple.

(2) Cf. Le Canard enchainé du 23 janvier 2008

(3) Nicolas Sarkozy, La République, les religions, l'espérance, Cerf, 2004.

jeudi, 24 janvier 2008

Troubles du comportement

De Serge Hefez, dans Libération, cet article très intéressant qui ne nécessite pas de commentaire superflu de ma part.
 
Sarkoze obsessionnelle - Serge Hefez, psychiatre.
Libération, jeudi 24 janvier 2008

«C’est devenu une véritable obsession, je lis tout ce qui le concerne, j’achète tous les ouvrages qui parlent de lui, et même les biographies de Cécilia», me révèle une patiente. Et un autre de me confier : «Cet homme envahit mes pensées, dès qu’on parle d’autre chose entre amis, je ramène toujours la conversation sur lui, j’essaie désespérément de comprendre ce qu’il a dans la tête.» A un autre moment de la journée : «J’ai su depuis le début qu’il avait un problème de quéquette, il est largement en train de me donner raison.» Sans parler des rêves innombrables où notre Président, triomphant ou démoniaque, pénètre les recoins les plus profonds de l’âme de mes patients.

f50c2d072d0caa17d60da577651272b7.jpgFace à ce déferlement fantasmatique, je m’étonne que le DSM, classification internationale des troubles mentaux, n’ait pas encore ajouté à ses innombrables taxinomies, ces nouvelles maladies de l’âme que sont la sarkomanie, la sarkophobie, la sarkonoïa ou la sarkophrénie. Comment opère ce diable d’homme pour encombrer ainsi l’imaginaire au point de générer, chez la plupart de nos concitoyens, une sarkose obsessionnelle aux effets délétères ? Certes, il est omniprésent. Certes, il fait tout pour capter notre attention et saturer nos sens. Il fait surgir un lapin pour dissimuler une colombe, subtilise au pouvoir d’achat une politique de civilisation, escamote une Cécilia pour son double rajeuni de vingt ans. Certes il exhibe son bon plaisir et nous rappelle que le pouvoir ça fait jouir, sur tous les plans et dans toutes les positions. Qu’un mâle exultant sur le trône de ses conquêtes fasse fantasmer les foules n’a rien de surprenant. Mais qu’un homme utilise à ce point son mandat pour le convertir en jubilé ininterrompu, en ivresse de lui-même, en stimulant pour mieux désirer et être désiré commence à susciter un réel malaise. Car ce narcissisme qu’il exhibe à son paroxysme nous est très familier. Dans cette révolution des valeurs, notre référent ultime est devenu la figure de l’Individu tout-puissant, contenant en lui-même l’humanité entière, incarnation de l’autonomie absolue. Ne pas prendre en compte la dimension sociale du narcissisme nous mènerait à ignorer ce qui abonde dans la vie quotidienne : terreur de la dépendance à autrui associée à une angoisse de la solitude, immense rage réprimée et désirs oraux impétueux et insatisfaits. Et qui s’associe à des traits caractéristiques de la société contemporaine comme la peur intense de vieillir, la perception différente du temps, la fascination de la célébrité, la crainte et l’exaltation de la compétition. Bien sûr, les hommes ont toujours été égocentriques, et il ne sert à rien d’affubler cela du masque de la psychiatrie. Disons que la logique individualiste fait le lit d’une propension narcissique propre à chacun.

Freud nous a depuis longtemps appris à distinguer les aspects positifs du narcissisme (que nous nommons aujourd’hui «estime de soi») de l’obsession de soi qui porte en elle les germes de sa propre destruction. Dans la légende, Narcisse pleure quand il prend conscience qu’il est lui-même l’objet de son amour. Il veut alors se séparer de sa propre personne et se frappe jusqu’au sang avant de dire adieu au miroir fatal et de rendre l’âme. Que Carla succède à Cécilia, qu’elle soit elle-même une bête de spectacle, une croqueuse de stars, qu’ils se redorent réciproquement leurs blasons n’y change rien : c’est l’homme Sarkozy qui occupe la scène, c’est l’individu président qui nous envahit sur un tempo obsédant. Au nom d’une modernité, d’une efficacité et d’une authenticité affranchies des codes et des rituels désuets du pouvoir, c’est la fonction de représentation du pays qui se réduit à l’incarnation d’un destin personnel, c’est le bien commun et collectif qui se dissout dans un individualisme démonstratif et conquérant. Mais il est avant tout une dimension du narcissisme qui fascine car elle est tapie au plus profond de nous, un narcissisme de mort qui tend à notre propre anéantissement.
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Les narcissiques sont des sujets blessés, précisément carencés du point de vue de l’estime d’eux-mêmes du fait de déceptions précoces. Qui leur reste-t-il à aimer sinon eux-mêmes ? Ils ont alors le souci d’être non seulement un, mais unique, sans plus d’ancêtre que de successeur. Le narcissisme pathologique est celui d’un individu soucieux de contrôler les impressions qu’il donne à autrui, avide d’admiration mais méprisant ceux qu’il parvient à manipuler, insatiable d’aventures affectives pouvant combler son vide intérieur, obsédé par son propre vieillissement. En dépit de sa souffrance, il évolue avec succès dans les institutions bureaucratiques qui encouragent la manipulation des relations interpersonnelles et découragent la formation de liens profonds. Le narcissisme est bien plus qu’un terme métaphorique pour désigner une obsession de soi ; c’est une formation psychique dans laquelle l’amour rejeté se retourne contre le moi sous forme de haine.

Chacun semble aujourd’hui prendre conscience que la machine s’emballe ; chacun guette l’accélération des tics de «Cheval fougueux», soupèse l’éventualité d’une explosion en plein vol. L’activisme forcené de notre Président, en virant à une gesticulation de plus en plus vidée de sa substance et de sa vérité, semble à présent mettre en scène, sous nos yeux ébahis, le spectacle de son autodestruction.

 

Merci à Melody pour cet envoi. 

samedi, 19 janvier 2008

Comparer pour mieux consommer...

Comme je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment pour écrire sur ce blog (et croyez bien que ça me démange), je me contente d'une petite brève... Avec un Président qui se prend pour un "people", il est important de savoir où en est son image... Et force est de constater que depuis trente ans, seul Chirac, dans son premier mandat, après 8 mois d'exercice du pouvoir, a connu une cote de popularité inférieure. il faut dire qu'il avait, dans cette période, viré les jupettes et repris les essais nucléaires à Mururoa le jour du 50e anniversaire d'Hiroshima.

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Sources : TNS-Sofres. A noter que les sondages d'opinion ont commencé à être réalisés en 1978. Il n'y a donc pas de chiffres pour les 8 premiers mois des mandats de V. Giscard d'Estaing et de ses prédécesseurs.

samedi, 01 décembre 2007

Cet homme pousse

On se souvient de cette photo, du 12 septembre 2006 :

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Elle avait fait grand bruit car chacun avait noté que la différence de taille entre le Président américain et celui qui n'était encore, à l'époque, que Ministre de l'Interieur français, n'apparaissait pas. Pourtant, George W. Bush mesure 1m83 et Nicolas Sarkozy 1m65 ou 1m68 selon les sources. Lorsque cette photo a paru, les services de communication de l'UMP avaient démenti toute tricherie. Pas de chaussures à semelles compensées, pas d'estrade, pas de banc, jurait-on alors Place Beauvau. 

Comment expliquer alors cette photo-ci ?

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Comprenons nous bien... Il va de soi que je ne reprocherai jamais à Nicolas Sarkozy d'être petit. François Mitterrand a prouvé que l'on pouvait être un grand homme en ne dépassant pas 1m70. Toutefois, je trouve gênant cette volonté permanente de se grandir. Chacun a ses complexes mais n'est on pas plus ridicule, debout sur une valise que quelques centimètres plus bas ?

Paraitre... Voilà le mot le plus significatif de la personnalité de Sarkozy... Désolant...

 

Merci à Christophe H. pour sa contribution.

mercredi, 21 novembre 2007

On y vient...

Selon Europe 1, station que dirige son ami Jean-Pierre Elkabach, le Président de la République aurait dit, devant les responsables de l'UMP, qu'après avoir réussi l'ouverture à gauche, il fallait désormais ouvrir à droite. Il n'a pas donné de précision sur ce qu'il entendait par là. Cependant, il aurait enchainé avec un long propos sur... Philippe de Villiers. Il est des rapprochements qui font froid dans le dos.

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dimanche, 23 septembre 2007

Promotion...

On comprend mieux pourquoi Maud Fontenoy s'est vu proposer le Secrétariat d'Etat à la Jeunesse :

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Il est tout rouge, le Président. Il a la cravate de travers. Il est hilare. Pas de doute, il avait dû voir Poutine quelques secondes avant. 

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Les hommes du Président

Lorsque Charles de Gaulle, Président de la République, nomma, en 1962, Georges Pompidou au poste de Premier ministre, les parlementaires prirent cela pour un affront. Le nouveau chef du gouvernement n’était, en effet, ni parlementaire ni vraiment du monde politique. Le même reproche fut fait, 43 ans plus tard, lorsque Jacques Chirac appela Dominique de Villepin à Matignon. Ainsi, RTL soulignait alors que ce dernier était « le rival de Nicolas Sarkozy, qui lui [reprochait] de n’être issu d’aucun suffrage universel ».
Depuis, les choses ont bien changé. Autre temps, autre poste, autres mœurs. Si le Président de la République a bien nommé un homme politique à la tête du gouvernement, celui-ci n’est finalement qu’un « collaborateur » parmi d’autres.
Ainsi, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, donne-t-il des interviews dans Le Parisien pour se plaindre du niveau trop élevé de l’euro. Réaction de l’Elysée ? Aucune. Lorsque Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, est l’invité du Grand Jury RTL-Le Monde la veille de la rentrée politique de François Fillon, il en profite pour contredire la Ministre de l’Economie. Réaction de l’Elysée ? « Le président autorise et même encourage ses collaborateurs les plus proches à s'exprimer ». Laurent Wauquiez, Porte-parole officiel du gouvernement, s’est laissé aller à évoquer les relations entre le Président de la République et la Chancelière allemande. Réaction de l’Elysée ? « Il n’a pas à parler en mon nom. J’ai un porte parole : c’est David Martinon ». La France décide de s’impliquer dans la libération des infirmières bulgares retenues en Libye. Qui Nicolas Sarkozy envoie-t-il ? Le Ministre des affaires étrangères ? Non. Son épouse. Quelle légitimité a-t-elle ? Celle d’être l’épouse du chef. Quel devoir a-t-elle ? En tout cas, pas celui de témoigner devant la commission d’enquête parlementaire sur la question libyenne.
Il existe donc désormais, dans notre Ve République moribonde, une caste particulière : celles des éminences grises, des conseillers, des envoyés spéciaux. Ils n’ont de compte à rendre à personne, si ce n’est au Président lui-même. Ils peuvent orienter, parler, critiquer au nom de la France, sans que les Français leur aient confié la moindre charge et sans qu’ils aient, par la suite, à leur en donner quitus. Voter pour un Président de la République, c’est donc tout accepter de lui. Qu’on se le dise et qu’on se la ferme.

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dimanche, 09 septembre 2007

Irresponsable mais coupable

Toujours prompt à réagir, le Président de la République parle parfois un peu vite. Non que les mots aillent au-delà de sa pensée, non. Mais parfois dévoilent-ils une pensée que les citoyens ignorent.

Ainsi, dans le cas de l’agression pédophile contre Enis Kocakurt, cinq ans, Nicolas Sarkozy y est-il allé de l’artillerie lourde. Le voilà qu’il propose que les pédophiles purgent leur peine puis, à l’issue de celle-ci, soient enfermés en « hôpital-prison » pour y subir des soins. Nous avons là l’illustration parfaite de ce qu’est la prison pour Nicolas Sarkozy. C’est d’ailleurs l’un des points sur lesquels je ne serai jamais d’accord avec lui. La prison ne serait donc qu’une privation de liberté. Point. Rien d’autre. Mais quel est l’intérêt de cette conception ? Si un individu est enfermé, c’est qu’il est considéré comme dangereux pour la société. Si cet enfermement n’est pas accompagné d’une « sociabilisation », il ne sert à rien. L’individu libéré ne saura pas mieux se comporter dans la société. Pire, il aura passé quelques mois, quelques années, quelques décennies, dans un milieu où la loi du plus fort, la violence, le racket prédominent. Il se sera plié aux codes de la prison qui sont loin d’être ceux d’un Etat de droit. La prison doit être un apprentissage de la vie en société pour le détenu. Il faut lui apprendre les règles. Et il faut que celles-ci soient respectées dans l’enceinte même des prisons.

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Nicolas Sarkozy veut donc attendre la fin de la détention pour commencer à soigner les délinquants sexuels. Que de temps perdu, serait-on tenté de dire de prime abord. Mais il n’y a pas que cela. Cette mesure signifie qu’un individu ayant « purgé sa peine » ne sera pas libre pour autant. Un individu condamné à quinze ans de prison pourra ainsi passer trente ans entre quatre murs. Cela va à l’encontre des règles fondamentales du droit. Certes, cette proposition de Nicolas Sarkozy n’est pas celle qu’il privilégie. Le Président de la République l’a dit au père d’Enis, il serait plutôt favorable au rétablissement de la peine de mort. Mais pour cela, il faudrait, pour le moins, une révision constitutionnelle et une dénonciation des accords internationaux. Ouf…

Il faudra surveiller de près les mesures sarkoziennes en matière de justice. Je rappelle que le Chef de l’Etat souhaite également faire juger les criminels déclarés « irresponsables ». Je me pose d’ailleurs à ce sujet une question : cette mise en procès des « irresponsables » s’appliquera-t-elle également à l’« irresponsabilité juridique » du Président de la République ?

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Fusion

Il s’en est passé des choses pendant ces vacances… Tellement qu’on ne sait par où commencer. Tiens, prenons la fusion de Gaz-de-France et de Suez.

Jamais oublieux de tirer la couverture à soi, le Président Sarkozy a déclaré : « Ce que j'ai fait avec GDF et Suez en fait le troisième géant de l'énergie au monde: est-ce qu'il vaut mieux avoir 35 % d'une entreprise qui fait 70 milliards de chiffre d'affaires que d'avoir 70 % d'une entreprise qui en fait 35 ? ». C’est donc ainsi que Nicolas Sarkozy conçoit le service public : le chiffre d’affaires avant tout. Que désormais le prix du gaz soit entre les mains du secteur privé, peu lui chaut. Avec Sarkozy, l’Etat est un actionnaire comme un autre, soucieux d’engranger des dividendes. Histoire sans doute de dégager les marges de manœuvre nécessaires pour réduire les « charges (1)» sociales des entreprises. Par ailleurs, le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy prévoit, à terme, un rapprochement de cette nouvelle entreprise avec un producteur de gaz (Gaz de France et Suez ne produisent pas, ils achètent du gaz et le distribuent), ce qui réduira encore la « participation » de l’Etat dans le Groupe. Terminé la « minorité de blocage » censée préserver l’emploi.

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Ah, il est bien loin le temps où Nicolas Sarkozy faisait voter une loi empêchant l’Etat de descendre en dessous de 70 % du capital de GDF et où il faisait dire à ses collègues parlementaires (sans doute juste pour ennuyer Villepin) que « l’augmentation des tarifs du gaz est inéluctable dès lors qu’ils ne sont plus contrôlés par l’Etat (2)».

Enfin, pour répondre à la question du chef de l’Etat, posséder 35 % d’une entreprise qui fait 70 milliards de chiffre d’affaires revient exactement au même que de posséder 70 % d’une entreprise qui en réalise 35 (3). A ceci près que, dans le premier cas, on est le patron.  

 

(1)   C’est étrange : pour les entreprises, cela s’appelle des « charges », pour les salariés des « cotisations »…  

(2)   Cf. Libération du 26 juillet 2006.

(3)   La preuve : 70 x 0,35 = 24,5 ; 35 x 0,70 = 24,5. C’est pareil.  

12:10 Publié dans Information | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gaz-de-france, sarkozy, fric | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 02 août 2007

Précision

Contractuellement, nous sommes obligés de préciser que lors de son déplacement en Libye, sur un vol Air France-KLM©, Cécilia Sarkozy portait un tailleur Prada© vert bouteille, une parure de perles naturelles de chez Van Cleef & Harpels© et une paire de ballerines blanches signées Gucci©. Elle était maquillée par Clarins© et coiffée par John Nollet©. Son sac à main en crocodile véritable de chez Renouard©, comportait un PDA Palm© LifeDrive Mobile Manager, un collier de nouilles signé Louis Sarkozy© et Voyage fatal de Kathy Reichs, paru chez Pocket©. Dans l’avion, elle a pris un whisky Chivas Regal© de douze ans d’âge et des cacahuètes Bahlsen©. Elle a logé à Tripoli au BAB Africa Hotel de Corinthia©. Elle semble, sur place, s’être déplacée en Jaguar© XJ6 mais l’Elysée se refuse à commenter cette information qui relèverait du secret diplomatique.  

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Gagnant/Gagnant

Oh, qu’il est fort notre Président. Et comme il agit au mieux pour les intérêts de la France. Ainsi, après huit ans de tractations, de négociations internationales, par le Royaume-Uni, la Bulgarie ou encore l’Union européenne, il a suffit de deux petits déplacements de Cécilia Sarkozy pour que tout soit débloqué. Vive la première dame de France ! C’est quand même autre chose que les pièces jaunes.

Certains commentateurs un peu chagrins se plaisent à dire que cette intervention française n’a été organisée que pour tirer à soi la couverture médiatique et le succès de la libération des prisonniers. Quelle honte ! Comment peut-on être aussi mesquin envers notre Président. Heureusement que Saïf Al Islam Kadhafi, le fils du colonel, a demandé une interview au journal Le Monde pour rétablir la vérité et l’honneur du Chef de l’Etat français.

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Ainsi, nous apprenons que la France ne s’est pas contentée de mettre un avion à la disposition des infirmières bulgares et du médecin palestinien. « Les Français ont trouvé l’argent pour les familles », dit le jeune Kadhafi. Ainsi, c’est grâce à nous que l’émir du Qatar a payé 460 millions de dollars, remboursables par l’Union européenne sous six mois. Par ailleurs, la Libye va « acheter à la France des missiles antichar Milan, à hauteur de 100 millions d’euros (…). Ensuite, il y a un projet de manufacture d’armes, pour l’entretien et la production d’équipements militaires ». Ainsi, en accomplissant le geste humanitaire que l’on sait, le Président Sarkozy en a profité pour réduire le déficit commercial français et contribuer au développement de l’industrie libyenne. De plus, Abdel Basset Ali Al Megrahi, condamné à perpétuité en 2001 pour l’affaire de l’attentat de Lockerbie et emprisonné en Ecosse sera libéré prochainement.

Enfin, le Président Sarkozy s’est rendu, personnellement, à Tripoli pour signer un contrat portant sur la construction par la France d’une centrale nucléaire en Libye. Bien entendu, fidèle à son esprit écologiste, Nicolas Sarkozy précise que ce réacteur n’a vocation qu’à « désaliniser » l’eau de mer. Ce serait, selon les spécialistes, une grande première mondiale. Car si la technique de désalinisation est coûteuse en énergie, une simple centrale au gaz, au charbon, voire éolienne suffit.

Rappelons simplement que le passage du nucléaire civil au militaire est une simple question d’enrichissement d’uranium et que, selon Nicolas Sarkozy lui-même, la Libye possède encore « 1600 tonnes » de ce combustible. Il est vrai que si Kadhafi a longtemps voulu doter son pays de l’arme atomique, il y a renoncé en 2003 sous la menace américaine. Une vraie conviction pacifiste, quoi !

13:05 Publié dans Information | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, kadhafi, fric | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 16 juin 2007

Ca la fout mal… (2)

Deux travailleurs maliens sans papiers ont été interpelés et ont fait l’objet d’un arrêté de reconduite à la frontière. Rien de surprenant sous Sarkozy. Ce qui l’est davantage, c’est qu’ils travaillaient pour le Chef de l’Etat. Ou plus exactement, ils travaillaient à la rénovation de la Lanterne, résidence officielle mise à la disposition des Premiers ministres et que le Président de la République a décidé de s’octroyer, son épouse appréciant particulièrement le cadre versaillais. Finalement, tout est rentré dans l’ordre. Les maliens vont être expulsés et Cécilia va pouvoir jouir de la piscine.

dimanche, 10 juin 2007

L'image de la France à l'étranger

Chirac au moins tenait l'alcool...
 

17:35 Publié dans Information | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alcool, honte, international, sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 07 juin 2007

Analyse de la photo officielle

Un photographe professionnel décortique la "construction" de la photo officielle du Président de la République. Ca ne dure pas longtemps mais c'est très intéressant...
 

00:50 Publié dans Information | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : président, sarkozy, photo, vidéo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 27 mai 2007

Les vases communicant(e)s

L’Express nous avait déjà avertis, dans un numéro publié entre les deux tours, qu’Etienne Mougeotte, actuel vice-président et directeur d’antenne de TF1, dont le départ est annoncé pour la fin de l’année, pourrait rejoindre Nicolas Sarkozy comme conseiller (plus ou moins officiel) pour les questions audiovisuelles. Qu’à cela ne tienne, le nouveau Président de la République a décidé d’offrir à Martin Bouygues, patron de la chaine privée et parrain de l’un de ses fils, l’un de ses plus proches collaborateurs, Laurent Solly, directeur adjoint de sa campagne.

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Je dis que Nicolas Sarkozy « offre » Laurent Solly à TF1. Je devrais plutôt dire, il l’impose. Car il semble bien que Nonce Paolini, le nouveau président de la chaine, ait tout d’abord décliné l’offre. Finalement, Solly rejoindra la Direction générale comme directeur. Directeur de quoi ? On ne sait pas. On l’embauche et ensuite on verra où on peut le mettre, selon ce qu’il saura faire. C’est toujours comme cela quand on embauche le fils du patron. Notons tout de même que cette belle acquisition n’a pas été rendue publique, comme on aurait pu s’y attendre, par le Groupe Bouygues, ni par TF1, mais par Franck Louvrier. Chargé de communication auprès de Nicolas Sarkozy.

C’est beau comme du Berlusconi. On savait déjà depuis longtemps que certains patrons de presse ou journalistes avaient une proximité un peu trop affirmée avec les politiques (1). On n’avait encore jamais vu le dirigeant d’un groupe audiovisuel privé nommé comme un préfet ou un haut-fonctionnaire. Pourtant, on nous avait prévenus : avec Nicolas Sarkozy, tout est possible.  

 

(1) Ce sera d’ailleurs l’objet d’un prochain article.

11:50 Publié dans Information | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : télévision, sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 17 mai 2007

La mie Sarkozy

Certes, la France doit se serrer la ceinture. Ce n’est pas pour autant que notre nouveau Président doit se priver de tartines au petit-déjeuner. Ainsi, pour ne pas être contraint à manger de la brioche pendant sa croisière maltaise, Sarkozy a fait venir tout exprès depuis Paris du pain Moisan (cf. article dans Le Canard du 16 mai). Plutôt que de risquer de payer un excédent de bagage en le prenant à bord de son avion privé, l’Elu a préféré se le faire livrer en express, par avion, ses 10 à 15 kilos de miches. Coût estimé de l’opération, toujours selon l’hebdomadaire satirique paraissant le mercredi : 3 000 euros. Soit entre 200 et 300 euros le kilo. Ca fait quand même entre 50 et 75 euros la baguette. 

C’est étrange comme des petits riens peuvent en apprendre beaucoup sur les gens. En tout cas, du point de vue des frais de bouche, on attend toujours la rupture.

15:35 Publié dans Information | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fric, sarkozy, honte | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 15 mai 2007

Les dessous du débat

En quittant le plateau du débat télévisé qui l'opposait à Ségolène Royal, le 2 mai dernier, Nicolas Sarkozy aurait oublié de récupérer ses notes. C'est une certaine Cécilia S. qui les aurait retrouvées et, par inadvertance, mises en ligne. Ce document est un précieux témoignage sur la préparation d'un tel événement.
 
 
(Merci à E.J. pour cet envoi. Il s'agit bien évidemment d'humour).

23:45 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : humour, débat, sarkozy, ségolène royal | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 08 mai 2007

Ce n'est qu'un début...

Se résigner, c'est accepter.

S'il faut à tout prix, et aujourd'hui plus que jamais, défendre la démocratie et, de fait, accepter le résultat des urnes, il ne faut pas se résigner à ce qui s'annonce pour les cinq années à venir.

Dans un mois, il y aura d'autres élections. Des législatives. Elles devront être le premier acte de résistance. Tant pis si les partis qui sont censés nous représenter n'ont rien compris de ce qui s'est passé ces dernières années. Tant pis si le (la) candidat(e) d'opposition dans notre circonscription ne nous agrée pas pleinement. Il faut absolument créer un contre-pouvoir. Quitte à bloquer le pays, direz-vous ? Mieux vaut ne pas avancer que reculer.

J'ai - pendant quinze ans - été membre du Parti socialiste. Je ne compte plus les couleuvres que j'ai avalées, digérées et - finalement - assimilées. Je me suis éloigné ce mouvement lorsque Ségolène Royal a été désignée candidate, estimant qu'avec elle le PS prenait une (troisième) voie qui ne me semblait pas aller dans le bon sens. Dimanche, j'ai voté pour elle sans état d'âme, ni regret. Elle ne me convenait pas, et alors ? Je ne vais pas chipoter parce que le steak est accompagné d'haricots verts alors que j'aurais voulu des frites, si l'alternative est l'huile de ricin.

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Aujourd’hui, il nous faut résister. Commençons par créer un contre-pouvoir à l’Assemblée. La reconstruction de la gauche viendra ensuite. Nous aurons cinq ans pour cela. Mais il faudra le faire. Vraiment. Ne pas nous réfugier derrière ces lâches et sempiternels arguments que sont « ce n’est pas le moment » ou « ne donnons pas l’impression de nous déchirer ». Cette reconstruction n’a pas eu lieu après le 21 avril 2002 et voilà où nous en sommes. Le PS a refusé de voir la réalité en face et a préféré croire que l’échec ne lui était pas imputable. L’argument officiel du PS était que l’élimination de Jospin s’expliquait par la présence de Christiane Taubira et de Jean-Pierre Chevènement au premier tour. Tous les deux ont soutenu Ségolène Royal en 2007 et se sont bien chargé de le faire savoir. Qu’est-ce que ça a changé ? Le Pen n’est pas au second tour mais ses idées sont au pouvoir. Beau progrès !  

Enfin, à tous ceux qui crient à l'exagération, rappelons qu'on ne croit au pire que lorsqu'il a sévi.


Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester
Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavarder.

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