mercredi, 01 juillet 2009

Tel est mon bon plaisir...

Le site internet de TF1 signale – vidéo à l’appui – que Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence sur La Défense à l'heure du grand Paris, a déclaré :

"Est-ce qu'il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ?"

 

Je ne m’attarderai pas sur les problèmes de concordance des temps, même s’il est très agaçant de constater, à chaque intervention du Chef de l’Etat, que celui-ci est incapable d’avoir une grammaire correcte.

Ce qui me semble davantage inquiétant, c’est qu’il reconnait, tout simplement, comme une évidence, qu’il a passé un coup de téléphone pour violer la loi. En effet, l’ouverture de magasins le dimanche est soumise à une autorisation préfectorale, laquelle nécessite l’avis de la commune concernée, de la Chambre de commerce et d’industrie, ainsi que des partenaires sociaux. Par ailleurs, l’autorisation préfectorale ne doit pas entraver la libre-concurrence. Ainsi, une enseigne voisine de la boutique dans laquelle Madame et Mesdemoiselles Obama se sont rendues pourrait s’estimer lésée. Enfin, une ouverture dominicale est conditionnée au volontariat des employés du magasin concerné. Je serais très surpris d’apprendre qu’après le coup de téléphone du Chef de l’Etat français, le patron de la boutique ait pris le temps de demander leur avis à ses salariés.

Mais avec Sarkozy, le Code du Travail n'en est plus à une violation près...

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mardi, 30 juin 2009

Le p'tit roi Nicolas

En écoutant, avec ma femme et notre fils, Le Bon roi Dagobert, il m'est venu quelques paroles nouvelles que je vous livre ici, en attendant un article un peu plus sérieux.

Le p’tit roi Nicolas
Tentait de jouer du hautbois.
Sa jolie Doudou lui dit :
« Mon chouchou, cet instrument là
Est trop grand pour toi. »
« C’est vrai, lui dit Nico
Je n’sais jouer que du pipeau. »

Le p’tit roi Nicolas
Etait partout dans les médias.
Sa jolie Doudou lui dit :
« Mon chouchou, on voit trop ta tête
Faut que ça s’arrête. »
« C’est vrai, lui dit Nico
Vite passons à la radio. »

Le p’tit roi Nicolas
Cherchait des ministres de poids.
Sa jolie Doudou lui dit :
« Mon chouchou, va voir au PS
Ils en ont des caisses. »
« C’est vrai, lui dit Nico
Je leur ai pris tous leurs cageots. »

Le p’tit roi Nicolas
Rêvait de l’avion d’Obama.
Sa jolie Doudou lui dit :
« Mon chouchou, ne sois pas jaloux
T’as d’autres atouts. »
« C’est vrai, lui dit Nico
Obama n’a pas six cerveaux. »

Le p’tit roi Nicolas
Voulait mettre la France au pas.
Sa jolie Doudou lui dit :
« Mon chouchou, la colère gronde
Faut lâcher la bonde. »
« C’est vrai, lui dit Nico
Mettons un pit-bull à Beauvau. »

Le p’tit roi Nicolas
Ne lisait que Match et Gala.
Sa jolie Doudou lui dit :
« Mon chouchou, lis Sartre et Péguy
Qui lit se grandit. »
« C’est vrai, lui dit Nico
Et c’est moins lourd qu’un escabeau. »

Le p’tit roi Nicolas
Admirait Napoléon III.
Sa jolie Doudou lui dit :
« Mon chouchou, gare à la satire
Qui sapa l’Empire. »
« C’est vrai, lui dit Nico
Du Panthéon virons Hugo. »

Le p’tit roi Nicolas
Agissait à hue et à dia.
Sa jolie Doudou lui dit :
« Mon chouchou, parfois ta logique
Me laisse sceptique. »
« C’est vrai, lui dit Nico
Je suis pour le tout à l’égo. »

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mercredi, 24 juin 2009

Remaniement

Claude GUEANT, Secrétaire général de l’Elysée à donc annoncé, dès mardi soir, la composition du nouveau gouvernement, à savoir :

M. Jean-Louis BORLOO : ministre d’Etat, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat ;
Mme Michèle ALLIOT-MARIE : ministre d’Etat garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés ;
M. Brice HORTEFEUX : ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales ;
M. Xavier DARCOS : ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité ;
M. Eric WOERTH : ministre du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat ;
M. Luc CHATEL : ministre de l’éducation nationale, porte-parole du Gouvernement ;
M. Bruno LE MAIRE : ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche ;
M. Frédéric MITTERRAND : ministre de la culture et de la communication ;
M. Michel MERCIER : ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire ;
M. Henri de RAINCOURT : ministre auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement ;
M. Christian ESTROSI : ministre auprès de la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, chargé de l’industrie ;
Mme Valérie LETARD : secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de l’écologie et du développement durable ;
M. Jean-Marie BOCKEL : secrétaire d’Etat auprès du ministre de la justice et des libertés ;
M. Hervé NOVELLI : secrétaire d’Etat chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services et de la consommation, auprès de la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi ;
Mme Rama YADE : secrétaire d’Etat chargée des sports, auprès de la ministre de la santé et des sports ;
M. Hubert FALCO : secrétaire d’Etat à la défense et aux anciens combattants, auprès du ministre de la défense ;
Mme Nadine MORANO : secrétaire d’Etat chargée de la famille et de la solidarité, auprès du ministre du ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité ;
M. Pierre LELLOUCHE : secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes ;
Mme Nora BERRA : secrétaire d’Etat chargée des aînés, auprès du ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité ;
M. Benoist APPARU : secrétaire d’Etat, chargé du logement et de l’urbanisme, auprès du ministre d’Etat, ministre de l’écologie et du développement durable ;
Mme Marie-Luce PENCHARD : secrétaire d’Etat chargée de l’outre-mer, auprès du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales.
M. Christian BLANC : secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale auprès du Premier ministre.

Claude GUEANT a également annoncé la confirmation dans leurs fonctions de :

M. Bernard KOUCHNER : ministre des affaires étrangères et européennes
Mme Christine LAGARDE : ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi
M. Patrick DEVEDJIAN : ministre auprès du Premier ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance
Mme Valérie PECRESSE : ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche
M. Hervé MORIN : ministre de la défense
Mme Roselyne BACHELOT-NARQUIN : ministre de la santé et des sports
M. Eric BESSON : ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire
M. Laurent WAUQUIEZ : secrétaire d’Etat chargé de l’emploi auprès de la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi
Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET : secrétaire d’Etat chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique auprès du Premier ministre
M. Dominique BUSSEREAU : secrétaire d’Etat chargé des transports auprès du ministre d’Etat, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer
Mme Fadela AMARA : secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, auprès du ministre du travail, des relations sociales, de la famille, et de la solidarité
M. Alain MARLEIX : secrétaire d'Etat à l'intérieur et aux collectivités territoriales, auprès de la ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales
Mme Anne-Marie IDRAC : secrétaire d'Etat chargée du commerce extérieur, auprès de la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi
M. Alain JOYANDET : secrétaire d'Etat chargé de la coopération et de la francophonie, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes
Mme Chantal JOUANNO : secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, auprès du ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer
M. Martin HIRSCH : haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, haut commissaire à la jeunesse

En termes de statistiques :

On notera donc le départ de 8 membres du gouvernement (Christine ALBANEL, Michel BARNIER, Christine BOUTIN, Rachida DATI, Yves JEGO, Roger KAROUTCHI, Bernard LAPORTE et André SANTINI) tandis que 8 nouvelles personnalités font leur entrée (Benoist APPARU, Nora BERRA, Christian ESTROSI, Pierre LELLOUCHE, Michel MERCIER, Frédéric MITTERRAND, Marie-Luce PENCHARD et Henri de RAINCOURT).

Nicolas SARKOZY s'était engagé à limiter à 15 le nombre de ministres, ils sont donc désormais 18 (soit 20% de plus qu'annoncé).

Le Chef de l'Etat français avait fait savoir qu'il comptait bien avoir un gouvernement paritaire : celui-ci compte 25 hommes pour 13 femmes (soit pratiquement deux fois moins), sans compter le Premier ministre.

Enfin, le Président de la République avait indiqué que tous les ministres élus au Parlement européen siégeraient. Si Michel BARNIER et Rachida DATI ont bien quitté leurs fonctions ministérielles, on constate que Brice HORTEFEUX reste au gouvernement et que Nora BERRA, élue sur la liste UMP du Sud-Est, y fait son entrée.

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mardi, 23 juin 2009

Tout ça pour ça…

Eh bah… Ca valait le coup ! La réforme de la Constitution voulue expressément par le Chef de l’Etat français pour lui permettre de s’exprimer devant le Parlement réuni en Congrès était supposée créer un « dialogue » absolument indispensable à la démocratie. On allait voir ce qu’on allait voir.  Et on a vu. Qu’a-t-on vu ? Euh… Bah… Hmmpff…

Pendant 45 minutes, Nicolas Sarkozy a débité toute une série de « bonnes intentions » sans rien annoncer de concret, si ce n’est la souscription d’un emprunt national. Un endettement supplémentaire pour combler la dette. Bien vu. Où va-t-il chercher tout ça ? Dans les inepties idées avancées par Bernard Accoyer (cf. mon billet ...ça ose tout, du 13 octobre 2008).

Que peut-on retirer d’autre de ce discours ? Le gouvernement va être remanié demain, mais ça, on le savait. La France va investir dans 125.733 priorités. Bon ! Il faut dire qu’avec tout l’argent que va rapporter l’emprunt, il y aura de quoi faire. La réforme des retraites sera engagée en 2010. Ah, bon ? Je croyais que François Fillon avait tout réglé en 2003. M’enfin bon, il faut bien faire passer la « retraite à 67 ans »… Quoi d’autre ? Ah, si… Il ne faut pas que les Français s’attendent à tirer le moindre bénéfice de la sortie de crise. Sarkozy l’a dit, il n’y aura pas de partage des fruits de la croissance. Tout ira au remboursement de la dette. On ne s’attendait pas à autre chose de sa part, mais au moins c’est dit !

Non, non… J’ai beau chercher, ce long monologue de trois quarts d’heure ne nous a pas appris grand-chose. Même Denis Jeambar, pourtant peu soupçonnable de collusion avec l’ultra-gauche, estimait que ce discours n’avait pas mobilisé les troupes, même celles de droite. Même Jean-Louis Borloo estimait qu’il s’agissait d’un « discours de diagnostic ». C'est-à-dire, « pas un discours de prospective ».

Même le Chef de l’Etat français semblait mal à l’aise. Il suait à grosses gouttes, s’essuyait le front toutes les trente secondes d’un très élégant revers de l’index. Il avait les yeux rivés sur son discours, comme ma scrabbleuse de grand-mère quand elle cherche une définition dans le dictionnaire.

Quand je pense que certains osent dire que Sarkozy, c’est beaucoup de bruit pour rien…

PS : Je me suis quand même bien amusé, après le départ de Sarko, à écouter les interventions des parlementaires à la tribune. Sur six intervenants, trois sont candidats déclarés à un portefeuille ministériel (François Sauvadet, Michel Mercier, Henri de Raincourt). Il fallait les voir cirer les talonnettes du Président. C’était risible. Notamment quand François Sauvadet a voulu fustiger l’indignité du Parti socialiste pour sa décision de quitter l’hémicycle. Un mouvement de caméra idoine a montré que les travées étaient désertes, tout autant à droite qu’à gauche. J’en ai même fait une copie d’écran pour vous.

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vendredi, 20 mars 2009

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

« La perturbation rend sourd », disait Coluche. Le gouvernement en fait aujourd’hui la preuve incontestable.

Toute la presse souligne le succès de la mobilisation du 19 mars :

- « Journée de mobilisation sociale plus importante que le 29 janvier » (Le Point)

- « Au lendemain d'une mobilisation record, les syndicats se prononcent sur la suite » (AFP)

- « Grève : mobilisation record, Fillon inflexible » (La Tribune)

- « Mobilisation : les syndicats réussissent leur pari » (Les Echos)

- « Grève : une mobilisation plus forte qu'en janvier » (Le Parisien)

- « Le succès des manifestations met la pression sur le pouvoir » (Libération)

- « Entre 1,2 et 3 millions de manifestants: les syndicats réussissent leur pari » (L’Express)

Cependant, le pouvoir semble décidément ne lire que Le Figaro, qui souligne que la journée d’action a mobilisé « Moins de grévistes et plus de manifestants ». Raymond Soubie, Conseiller de Nicolas Sarkozy, estime, en effet, sur RTL, que « les taux de grève sont en diminution de quatre/cinq points dans le secteur public » tandis que le nombre de manifestants est « assez semblable à celui du 29 janvier ». Ce qui lui fait dire que « la journée de grève n'a pas franchi d'étape ».

Brice Hortefeux, ministre des Affaires sociales, a quant à lui déclaré, toujours,  sur RTL « que le nombre de manifestants est sensiblement le même que lors du 29 janvier et qu'en revanche le nombre de grévistes est nettement moins important ».

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On notera le déséquilibre des termes employés : les grévistes « nettement » moins nombreux alors que le nombre de manifestants est « sensiblement » identique. Or, les chiffres disent précisément le contraire.

La police annonce 1,2 million de personnes dans la rue (contre 1 million le 29 janvier) et la CGT 3 millions (contre 2,5). Soit, et notons que pour une fois les deux sources sont d’accord, une augmentation de 20 % du nombre de manifestants. Admettons que pour une mobilisation « sensiblement » équivalente, c’est une belle stagnation. Je suis sûr que Christine Lagarde aimerait avoir un PIB aussi stable. Quant aux chiffres de grévistes du secteur public (les seuls qui donnent lieu à une comptabilisation globale), ils sont passés de 25,2 % en janvier à 21 % en mars.  Soit une diminution de 16,5 %.

Ainsi, 16,5 % est un pourcentage énorme, monstrueux, pour le moins significatif, alors que 20 % ne représente pas grand-chose, une paille, un détail. Pas étonnant qu’avec une telle lecture des chiffres, le gouvernement n’arrive pas à sortir de la crise.

Et puis, un peu cyniquement sans doute, reconnaissons que réaliser un taux de croissance de 20 % avec 16,5 % de salariés en moins, plus d’une entreprise du CAC 40 en rêverait.

mardi, 17 février 2009

OTAN pour moi...

Nicolas SARKOZY aurait-il un ego démesuré ? J’ai peine à y croire. Pourtant, un article du magazine allemand Der Spiegel, repris par les sites internet du Nouvel observateur et du Figaro (entre autres), rapporte que ô-notre-Président-de-la-République-bien-aimé-nous-voilà, aurait eu une petite exigence de starlette au sujet de la place qu’il occupera lors de SON sommet de l’OTAN, celui qui se tiendra à Strasbourg (sous l’égide de la France et de l’Allemagne) et qui doit acter, à la fois, le retour de la France dans le commandement intégré et la rupture définitive de la droite française avec le gaullisme.
Nicolas SARKOZY aurait en effet exigé que l’on l’installât à côté du Secrétaire général de l’OTAN. Or, le protocole prévoit que « les Ambassadeurs siègent autour de la table du Conseil suivant le nom de leur pays, dans l'ordre alphabétique anglais. » Il est bien évidemment hors de question que le Chef de l’Etat français soit coincé entre l’Estonie (trop petit) et l’Allemagne (trop grand). D’autant que toute la presse n’aura d’yeux que pour Barack OBAMA, qui participera alors à son premier sommet international.

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Selon le journal anglais The Telegraph, « après d’éperdus pourparlers en coulisses au cours de ces dernières semaines, un compromis a été atteint pour apaiser la vanité du Président français ». Le Secrétaire général de l’OTAN, Jaap de HOOP SCHEFFER, ouvrira la séance entouré de Nicolas SARKOZY et d’Angela MERKEL. Et c’est SARKOZY qui sera placé à droite, non mais…
Toutefois, dès que les journalistes auront quitté la salle de réunion, chacun reprendra sa place protocolaire, et Nicolas devra se contenter de la compagnie de Toomas Hendrik ILVES (Président estonien). Peu importe, ce stratagème sera une talonnette de plus, un artifice pour grandir a minima celui qui n’est pas à la hauteur.
Décidément, le gaullisme sera bel et bien enterré, ce 3 avril, à Strasbourg.

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jeudi, 12 février 2009

Après les médias, les médiateurs...

Décidément, Nicolas SARKOZY gouverne d’une manière bien étrange. Depuis quelques temps, alors que la colère gronde dans de nombreuses catégories de la population pour dénoncer des réformes mises en place autoritairement, sans aucune négociation avec les partenaires sociaux, on voit apparaitre une nouvelle catégorie de personnages : les médiateurs.

Sans titre.JPGTrois ministres voient donc leurs prérogatives encadrées par des « personnalités qualifiées », afin de résoudre des problèmes que le gouvernement est incapable de régler, terrible et implacable aveu d’incompétence et d’inaptitude :

- Xavier DARCOS, qui défend bec et ongles sa réforme du lycée (imposée par SARKOZY, lequel lâche aujourd’hui son ministre avec ce courage qui le caractérise si bien et qu’il clame haut et fort), est désormais cornaqué par Richard DESCOINGS, Directeur de Sciences Po Paris ;

- Valérie PECRESSE, dont la réforme universitaire est loin de faire l’unanimité, a demandé le secours de Claire BAZY-MALAURIE, Présidente de Chambre à la Cour des Comptes ;

- Enfin, dernier en date, Yves JEGO a dû se faire accompagner en Guadeloupe par deux médiateurs, à savoir Jean BESSIERE, Directeur général adjoint du Travail, et Serge LOPEZ, Directeur du Travail d’Aquitaine.

Voilà donc la méthode SARKO, la rupture promise. On ne négocie pas, on impose, on contraint, et si la populace ne se laisse pas faire, on recule. Mais il ne faut surtout pas perdre la face, alors on joue les conciliants, on s’adjoint un médiateur chargé de prendre sur lui la responsabilité de la marche arrière. Comme cela, devant les troupes et les élus de l’UMP, on peut toujours parader en prétendant tenir bon. Si le lest est jeté, ce n’est pas par le gouvernement : c’est le résultat de la médiation.

C’est une bien belle leçon de courage politique que nous donne le gouvernement…

vendredi, 09 janvier 2009

Lettre ouverte de Philippe Meirieu à Xavier Darcos

Le célèbre pédagogue Philippe Meirieu a adressé, le 27 décembre dernier, une lettre ouverte au Ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos. Je ne peux pas la reprendre dans son intégralité du fait de sa longueur mais je souhaitais en publier ici quelques extraits qui me plaisent beaucoup. Le texte intégral est consultable sur le site internet de Philippe Meirieu.

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Lettre ouverte à Xavier Darcos, Ministre de l'Education nationale

Monsieur le Ministre,

J’ai déjà dit, à plusieurs reprises, à quel point j’estimais le professeur, l’humaniste, le lettré et le grand connaisseur de l’Éducation nationale que vous êtes. Pour autant, je n’ai jamais caché mes profonds désaccords avec vous. (…) Aujourd’hui, Monsieur le Ministre, je suis vraiment très inquiet. (…)

Tout a été dit, depuis plusieurs mois, sur les dangers que faisaient courir à notre système éducatif les réductions budgétaires et les suppressions de postes déjà effectuées ou à venir. (…) Vous êtes membre d’un gouvernement qui fait de la réduction de la fonction publique une de ses priorités. À ce titre, vous participez d’une politique qui est, à mes yeux, infiniment dangereuse.

Cette politique est dangereuse, parce qu’elle sacrifie l’avenir de notre pays à des équilibres financiers à court terme (…).

Elle est dangereuse aussi, parce qu’elle ne calcule jamais les coûts sociaux, à moyen et long termes, de ses choix. (…) En matière scolaire, nous aurons le même effondrement [que dans le domaine économique] en utilisant les mêmes principes et en mettant en œuvre des mesures du même type : suppression de la carte scolaire, pilotage par les résultats, rémunération au mérite, etc.

Philippe Meirieu.jpgOubliée, ou presque, l’éducation prioritaire qui impose un travail d’accompagnement pédagogique minutieux des écoles et établissements « difficiles » (…), les initiatives artistiques et culturelles en direction des élèves les plus défavorisés (…), les mouvements pédagogiques et d’Éducation populaire qui permettent aux enseignants de trouver des appuis et de solliciter des complémentarités… La politique que vous menez (…) contribue au développement des ghettos… D’un côté, de bons établissements qui recrutent de bons élèves et se prévalent de bons résultats pour obtenir de nouveaux crédits. De l’autre les laissés-pour-compte. (…) La fracture scolaire ne se résorbe pas, (…) elle continue de s’accroître.

(…) Au lieu de travailler à mobiliser tous les élèves sur les savoirs, on se résigne petit à petit au darwinisme scolaire systématique : les déversoirs sont là pour récupérer les inadaptés ! (…)

À terme, c’est toute l’institution scolaire qui risque de se réduire comme une peau de chagrin, avec l’habillage traditionnel du « retour aux fondamentaux » ! (…)

Dans un système où le libéralisme et la technocratie s’associent de plus en plus pour permettre le développement des stratégies individuelles de « réussite », les enseignants sont réduits à des dépisteurs, à des orientateurs, voire à des douaniers… eux qui ont la vocation de « passeurs » chevillée au corps. (…)

Vous avez désigné des boucs émissaires, quand il aurait fallu impulser un sursaut éducatif à la Nation tout entière. (…) Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que les nouveaux « hussards » se rebellent ! Il faut absolument les entendre. Au plus vite. (…)

Des hommes et des femmes qui avaient l’ambition de participer à un projet national fort se sentent réduits progressivement à un ensemble de prestataires de service plus ou moins arrosés d’heures supplémentaires et de primes diverses. À cet égard, votre décision de supprimer les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (…) est une catastrophe. (…) Rien ne serait plus grave pour notre avenir collectif que de laisser croire à l’opinion publique que le métier d’enseignant est, avec celui de mage, le seul qui ne nécessite ni techniques maîtrisées, ni projet construit dans la durée et inscrit dans une réflexivité collective. Professionnellement et symboliquement, une démocratie qui dénie à ses professeurs leur identité de « transmetteurs-émancipateurs » est gravement menacée. Xavier Darcos.jpg

Mais je sais que tout cela compte assez peu aujourd’hui au regard de votre « abandon » de la réforme du lycée, particulièrement médiatisé en raison des risques politiques toujours très élevés dès lors que les lycéens descendent dans la rue. Je partage assez largement l’analyse que vous avez faite pour engager cette réforme. (…) Mais vous avez mené les travaux préparatoires de cette réforme au pas de charge, sans véritable explication ni concertation. (…) La réforme, la vraie, impose qu’on change radicalement de méthodologie, qu’on renonce à piloter en surfant sur de fragiles équilibres jusqu’à ce que tout l’édifice tout entier s’écroule.

(…) Il faut identifier ce que pourrait être un « socle commun » de l'éducation républicaine... et non simplement, comme nous l'avons aujourd'hui, un « socle commun » de l'enseignement minimal. Y êtes-vous prêt Monsieur le Ministre ?

(…) Nous tenons l’un et l’autre à sauvegarder l’héritage républicain de l’Éducation nationale. Et nous savons que, pour le sauvegarder, il faut le transformer. Mais pas le démanteler ! (…) Il faut vraiment et radicalement changer de politique… Pas pour cultiver l’immobilisme, mais parce que les défis éducatifs d’aujourd’hui requièrent une mobilisation collective sans précédent. Et pour que nos enfants soient vraiment instruits et formés, démocratiquement, à participer à une société démocratique.

mardi, 06 janvier 2009

Un exemple à ne pas suivre

Rachida Dati a accouché, on le sait, le 2 janvier, d'une petite fille. Le 7 janvier se tiendra le premier Conseil des ministres de l'année 2009. La Garde des Sceaux y sera. Et Zohra Dati-Sarkozy sera confiée aux bons soins de son père ou d'une nourrice ou d'une crèche (je suppose qu'en sa qualité de maire du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati devrait trouver une place, elle !).

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Normalement, un congé maternité dure 16 semaines. Les femmes qui le souhaitent peuvent y renoncer en partie. Toutefois, il est interdit de prendre moins de 6 semaines. Je tenais à faire cette petite précision juridique à l'attention de tous les chefs d'entreprise qui souhaiteraient prendre la Ministre de la Justice pour exemple et "inciter" les jeunes mamans à ne pas perdre trop de temps à changer des couches. Il est vrai que les instits de maternelle sont là pour ça.

Décidément, le Code du Travail est bien malmené en Sarkozye.

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Bonne année à tous

Bonne année 2009 à tous... Faites bon usage de vos cadeaux de Noël...

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